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Comparer les langues - Brest L1 brezhoneg

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March 19, 2020
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Comparer les langues - Brest L1 brezhoneg

Diversité des langues : introduction à la typologie

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March 19, 2020

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  1. I. La comparaison géné:que, les familles de langues II. Etablir

    des critères u:liser pour comparer les langues III. Les débuts de la typologie IV. Le XXe siècle et la quête des universels V. Les contacts de langues 2
  2. III. Les débuts de la typologie Plusieurs possibilités pour comparer

    les langues : - grammaire comparée / linguis:que comparée - linguis:que contras:ve - approche typologique 3
  3. III. Les débuts de la typologie Plusieurs possibilités pour comparer

    les langues : - grammaire comparée / linguis:que comparée - linguis:que contras:ve - approche typologique Examen des convergences et des divergences entre les langues indépendamment de leurs rela:ons géné:ques Atemporel 4
  4. 1. Approches anciennes Réflexion sur les rela:ons de chaque langue

    vernaculaire avec l’hébreu en lien avec la chute de la Tour de Babel ou la Chute d’Adam et Eve 5
  5. Plusieurs auteurs cherchent à (dé)montrer la proximité ou l’antériorité de

    leur langue avec l’hébreu cf. Umberto Eco A la recherche de la langue parfaite 1997 -Giovanni Ba[sta Gelli > le toscan descend de l’étrusque qui lui-même prolonge l’hébreu et l’araméen -Johannes Goropius Becanus > néerlandais d’Anvers est plus ancien que le la:n, le grec ou l’hébreu -Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (ar:cle langue) > le français descend de l’hébreu par le cel:que 6
  6. 2. la rencontre des langues « exo:ques » Avec les

    Grandes Découvertes se développe l’évangélisa:on des popula:ons amérindiennes. Les missionnaires jésuites pour cela étudient leurs langues et produisent des grammaires et des dic:onnaires : quetchua, guarani… Ce mouvement de gramma:sa:on se met en œuvre en Europe aussi 7
  7. 3. le XIXe siècle -Les frères Schlegel Ils soulignent le

    besoin de disposer de catégories conceptuelles pour comparer les langues entre elles. -langues sans combinaison de formes -langues à affixes -langues à flexions 10
  8. affixes : préfixes, suffixes, infixes en turc : ev «

    maison » ev-ler « plusieurs maisons » ev-ler-den « provenance, de plusieurs maisons » ev-de « localisa:on sans mouvement » ev-ler-de « localisa:on sans mouvement dans plusieurs maisons » 11
  9. flexions : désinences casuelles (les cas) russe Я иду домой.

    Ja idu damoï Je vais à la maison Он меня увидел вчера. on minja uvidel vtchera Il m’a vu(e) hier 12
  10. flexions : désinences casuelles (les cas) russe Я иду домой.

    Ja idu damoï Je vais à la maison Он меня увидел вчера. on minja uvidel vtchera Il m’a vu(e) hier 13
  11. Frères Schlegel iden:fient des catégories qui traversent les langues et

    proposent des regroupements 1ère proposi:on savante 14
  12. Wilhelm Humboldt (1767-1835) Programme scien:fique : décrire les langues et

    ensuite, examen de la façon dont les catégories s’appliquent (ou pas) dans les langues 15
  13. -langues incomplètes : langues à par:cules langues à pronoms -langues

    complètes : langues isolantes langues flexionnelles Lié à une concep:on des langues comme ac:vité humaine et comme énergie 16
  14. Schleicher (1821-1868) -établit le modèle arborescent pour les langues et

    la méthode de reconstruc:on pour élaborer le proto-indo-européen langues isolantes, agglu:nantes, flexionnelles 17
  15. Reprend la dis:nc:on en 3 grands types : langues isolantes,

    agglu:nantes, flexionnelles langue isolante : chaque unité ne peut-être réduite à un élément plus pe:t Exp : chinois 我笑着吃 我 笑 着 吃 wǒ xiào zhe chī je rire part.présent manger Je ris en mangeant 18
  16. Projet idéologique qui envisage ces types par:culiers comment autant de

    stades de développement avec au sommet de la hiérarchie les langues à flexions comme le la:n et le grec. L’allemand s’en rapproche aussi bien évidemment ! cf. la soi-disante supréma:e des Indo- européens. 19
  17. Les critères pour analyser les langues au XIXe siècle ont

    connu une certaine fortune. Critères essen:ellement morphologiques. Mais les auteurs ne donnent pas de défini:on claire de chacune de ces catégories. Tendance à classifier la langue comme un tout, un ensemble dont on ne peut pas extraire une par:e. 20
  18. Certains critères élaborés au XIXe siècle garde toute leur per:nence

    : langue isolante langue agglu:nante langue flexionnelle mais ils ne suffisent pas à rendre compte de tous les phénomènes présents dans les langues 21
  19. IV. Le XXe siècle et la quête des universels Au

    XXe siècle, concep:on nouvelle des langues (Saussure) 1.  Sapir (1884-1939) linguiste américain, spécialiste des langues amérindiennes A l’origine d’une hypothèse dite Sapir-Whorf sur le rela:visme linguis:que 22
  20. Toute langue porte en elle une vision du monde qui

    s’exprime dans ses structures et qui va influer sur les représenta:ons de ses locuteurs. 23
  21. Proposi:on qui a suscitée beaucoup de discussions et de travaux

    Sapir a beaucoup travaillé sur les langues amérindiennes Il propose une typologie pour classifier les langues à par:r de caractéris:ques plus ou moins répandues Ouvrage Language 1921 24
  22. « The farmer kills the duckling » 1. Iden:fica:on de

    « concepts concrets » farmer (to) kill duckling 25
  23. « The farmer kills the duckling » 1. Iden:fica:on de

    « concepts concrets » 2. Présence de concepts liés à la dériva:on (morphologique) farmer -> farm + er duckling -> duck + ling 26
  24. « The farmer kills the duckling » 1. Iden:fica:on de

    « concepts concrets » 2. Présence de concepts liés à la dériva:on (morphologique) 3. Rela:on exprimant un rapport concret the + farmer / duckling farmer + -s 27
  25. « The farmer kills the duckling » 1. Iden:fica:on de

    « concepts concrets » 2. Présence de concepts liés à la dériva:on (morphologique) 3. Rela:on exprimant un rapport concret 4. Rela:on exprimant un rapport pur La posi:on de farmer et de duckling indique leur fonc:on gramma:cale respec:ve dans la phrase. 28
  26. A par:r de la présence de certains de ces critères

    dans les langues, Sapir établit une typologie basée sur 4 catégories I. Langues qui n’ont que le concept concret II. Langues qui n’ont que le concept dériva:onnel III. Langues qui n’ont que le concept concret rela:onnel IV. Langues qui ont les concepts de rela:on concrets et purs Programme de travail 29
  27. Approche encore basé sur le mot et sa structure. De

    ce point de vue, Sapir con:nue les approches du XIXe siècle mais inaugure des analyses basées sur les rela:ons gramma:cales 30
  28. 2. Joseph Greenberg (1915-2001) Professeur à l’Université de Stanford Travaux

    sur les rela:ons géné:ques entre les langues Renouvelle la typologie linguis:que 1963 Universals of Language 31
  29. A par:r d’un échan:llon de 30 langues de tous les

    con:nents, il établit 45 règles d’organisa:on qu’il nomme « universals » Critères qui meƒent en jeu la posi:on des éléments dans la phrase et l’un par rapport à l’autre -déterminant et déterminé -préposi:on et postposi:on -ordre rela:f du sujet, de l’objet et du verbe 32
  30. Mais ces caractéris:ques ne sont pas immuables br. ki-dour anciennement

    : dourgi kroashent karrdi kanndi Henbont Mardoul & néologismes : sammgarr, tramgar, nevezc’her… 34
  31. Ordre rela:f du sujet, du verbe et l’objet dans la

    phrase : 6 ordres possibles : SVO SOV OSV OVS VSO VOS mais surtout VSO – SVO – SOV 36
  32. Analyse de l’ordre des unités dans une phrase neutre. Pour

    le breton : débat langue VSO ou SVO Ar pezh (a) ouzon, ar pezh zo sur eo la reont milierioù kilometr, peogwir yeont tre beteg an Afrik deus ac’hann. Lakaat ‘ne(zh)añ beket emoc’h (o) sellet ! 37
  33. Analyse de l’ordre des unités dans une phrase neutre. Pour

    le breton : débat langue VSO ou SVO Ar pezh (a) ouzon, ar pezh zo sur eo la reont milierioù kilometr, peogwir yeont tre beteg an Afrik deus ac’hann. Lakaat ‘ne(zh)añ beket emoc’h (o) sellet ! 38
  34. Ordre SVO est courant : - Hennezh neus aon deus

    e lost ! - Lod (a) vez ato o talc’hen a-dreñv - Heñsh zo aet ramp var ar chao 39
  35. En fait le breton se caractérise plutôt comme une langue

    V2 - E damm kreun (a) zalc’h mat dezhoñ. - Alies (e) vo divergont deus e gamaraded. - Dre aksidant (e) varv forzhig tud. 40
  36. Certaines langues peuvent changer de type au cours de leur

    histoire : la:n > vieux-français > français moderne SOV > V2 > SVO En la cambre entre Aucassins. (Aucassin et Nicoleƒe 29, 1) Mangier le fist Avoec lui an une escuële (Graal, 1560-61) Morz est Rollant (Roland, 2397) 41
  37. Parmi les différents ordres possibles, on observe que les ordres

    VSO – SVO – SOV sont prédominants. Sur un échan:llon de 1377 langues dans l’encyclopédie WALS, la répar::on est la suivante : 42
  38. 43

  39. 44

  40. A par:r des différentes tendances qu’il a repérées, Greenberg propose

    des « universels » du langage qu’il a in:tulées « lois ». Il s’agit de tendances plus ou moins générales. La validité de certains points a été remise en cause par la suite. Analyse par implica:ons : Si par:cularité A présente, alors la par:cularité B le sera également 48
  41. Loi 3 Les langues qui ont VSO comme ordre dominant

    sont toujours préposi:onnelles. Loi 4 Il y a beaucoup plus de chances que les langues de type SOV aient des postposi:ons. Loi 12 Si une langue a l’ordre dominant VSO dans les phrases déclara:ves, elle place toujours les éléments interroga:fs en tête dans les phrases interroga:ves. Loi 17 Il y a plus de chances que les langues à ordre VSO dominant placent l’adjec:f après le nom. 49
  42. loi 25 Si l’objet pronominal suit le verbe, l’objet nominal

    le suit aussi. loi 34 Aucune langue n’a pas de triel si elle n’a pas de duel. Aucune langue n’a de duel si elle n’a pas de pluriel. loi 36 Si une langue a la catégorie du genre, elle a toujours la catégorie du nombre. loi 43 Si une langue a les catégories du genre dans le nom, elle les a également dans le pronom. […] 50
  43. Quelques éléments de cri:que : - les critères O, S

    et V correspondent à 2 niveaux d’analyse différents : la nature des unités et leur fonc:on gramma:cale - Greenberg a examiné avant tout des phrases dites biactancielles (avec un sujet et un objet). Or il existe d’autres types de phrases -Ordre des unités décrit par Greenberg est l’ordre neutre. Mais d’autres ordres sont présents dans les langues -La no:on de sujet ou d’objet n’est pas per:nente dans toutes les langues 51
  44. IV. Les contacts de langues Les langues ne font pas

    qu’évoluer dans le temps, elles s’influent également dans une perspec:ve synchronique. Ces influences opèrent à différents niveaux et les influences peuvent plus ou moins importantes 52
  45. 1. Emprunts au niveau du lexique Terme qui est associé

    à une réalité nouvelle et inconnue 53
  46. 1. Emprunts au niveau du lexique Terme qui est associé

    à une réalité nouvelle et inconnue -sorbet, échec et mat -babioles, balcon, citadelle, baldaquin -anorak, kayak -thé -parka -samovar, chapka, toundra -tomate, cacao -ananas -tabou -tatouage 54
  47. Le vocabulaire tend à se renouveler régulièrement des mots anciens

    disparaissent breton -enep -brien:n -ri français -s’ébaudir -remembrer -se goberger 55
  48. 2. Influences aux niveaux gramma:cal et phonologique Contact entre langues

    tendent à modifier leurs structures : -emprunts des mots gramma:caux l’arabe a donné des conjonc:ons pour exprimer le contraste (mais , par contre, toutefois) à de nombreuses langues de l’Afrique de l’ouest jusqu’à l’Asie du sud-est ama/amma/lākin/lakini hausa, fula, somali, swahili, lezghien, turc, ouzbek, hindi et le punjabi 56
  49. Les langues peuvent également emprunter des procédés morphologiques Le breton

    a emprunté au français la structure in… able inkomprenabl ~ digompren incompréhensible ~ qui n’y comprend rien insoñjabl ~ disoñj inimaginable ~ étourdi, oublieux 57
  50. -Phonologie A la suite des emprunts, de nouveaux phonèmes apparaissent

    ou la fréquence de certains sons augmente et leur fait changer de statut. En anglais, le /v/ est apparu à la suite d’emprunts au français : vase, vaca:on. Avant, le son [v] n’était qu’une variante de /f/ En français, un phonème est apparu à une époque récente /ŋ/, la nasale vélaire 58
  51. /ŋ/ apparaît dans les mots français -marke:ng -foo:ng -fooding -parking

    -camping -pressing -forcing -brushing -dancing -planning 59
  52. /ŋ/ apparaît dans les mots français -marke:ng -foo:ng > a

    jog, jogging -fooding > n’existe pas en anglais -parking > a car park / a parking lot -camping > a campsite, a campground -pressing > a dry-cleaner -forcing > sur la base du français forcer -brushing > a blow-dry, a blow wave -dancing > a dance hall -planning > a schedule / work plan 60
  53. 3. Les langues de contact En raison de l’importance des

    contacts linguis:ques, des structures nouvelles vont s’élaborer. a. les langues mixtes Il existe des langues qui empruntent des sous- systèmes en:ers à des langues différentes qui fusionnent pour donner une nouvelle langue 62
  54. C’est le cas du michif en Amérique du Nord >

    composé de mots français et de cree Le michif (du français mé:s) > le français a donné le lexique, la morphologie verbale et la syntaxe est basée sur celle du cree Lé záñfañ chéñ kitayáwáwak ? Avez-vous des enfants ? 63
  55. On trouve plusieurs langues construites de la sorte -media lingua

    à base d’espagnol et de quetchua (Equator) -Light Walpiri (Australie) : walpiri, anglais et kriol -grec d’Asie mineure -shelta, langue des voyageurs irlandais Situa:on qui n’est pas très courante mais dont les incidences théoriques sont encore discutées. 64
  56. b. les pidgins et les créoles Il s’agit de langues

    qui apparaissent dans des contextes très par:culiers Situa:on dans lesquelles où des personnes interagissent sans avoir de langue commune, élabora:on d’un parler que personne n’a comme langue maternelle. Dans ce cas de figure, inven:on d’un pidgin 65
  57. Ces pidgins sont catégorisés en fonc:on de la langue qui

    lui apporte son vocabulaire : à base française, à base anglaise, à base néerlandaise, à base russe, à base chinoise à base arabe, hindi, bantu… Phénomène qui s’observe à travers la planète 66
  58. Ces pidgins se sont créées afin d’établir des rela:ons de

    commerce -Péninsule de Taymir (Russie) govorka 68
  59. Ces parlers se ressemblent car ils procèdent souvent de simplifica:ons

    car les locuteurs n’ont pas accès au modèle original : -l’ordre des mots est libre -le pidgin est parlé volontairement à un rythme lent -la grammaire et la phonologie sont simplifiées -la morphologie est inexistante 70
  60. Tok Pisin pis « fish » Yu klinim pis Clean

    the fish! Yu klinim pis Are you cleaning the fish? Yu klinim pis You are cleaning the fish. 71
  61. Puis, les usages du pidgin vont se développer. Il va

    être parlé beaucoup plus fréquemment : Ordre des unités se stabilisent souvent en SVO La forme des pronoms se stabilise Les rela:ons de coordina:on et de subordina:on sont exprimées par la simple juxtaposi:on Patrol no longwe, very good, patrod logwe tmas, no very good ‘if the patrol is not far away, that’s good, if the patrol is far away that’s bad’ Tok Pisin 72
  62. A par:r du moment où ces pidgins vont être adoptés

    comme langue maternelle par des enfants, ces pidgins deviennent des créoles. Les créoles partagent malgré des origines différentes des par:cularités linguis:ques communes : un ordre SVO système TAM (temps, aspect, mode) 73
  63. Les créoles peuvent faire intervenir plusieurs langues : Bungi Creole

    (Canada) qui fait intervenir des éléments d’anglais écossais, de Scots, de gaélique écossais, de cree et d’ojibwe 74
  64. 4. les aires linguis:ques Phénomène par:culier : dans certaines zones

    du globe, on constate que des langues qui n’ont une origine commune immédiate présentent néanmoins des caractéris:ques communes, il s’agit des aires linguis:ques. En Europe, on iden:fie : - l’aire SAE (Standard Average European) - l’aire balkanique - l’aire circum bal:que 75
  65. Autres zones : Asie du Sud-Est Anatolie Sibérie Terre d’Arnhem

    Hautes Terres d’Ethiopie Meso-Amérique 76
  66. -Aire balkanique roumain, bulgare, macédonien, albanais, grec, l’aroumain (vlach), le

    romani (indo-aryen), dialectes balkaniques du turc, le gagaouze (langue turque). -Aire circum-bal:que langues scandinaves, finnois et estonien, carélién, le veps, le lituanien et le leƒon, les langues sames, le polonais, le russe, le biélorusse, le yiddish, le karaim, le romani balte, et d’autres pe:tes langues. 77
  67. Pour le SAE (Standard Average European), on iden:fie les par:cularités

    suivantes : présence d’un verbe transi:f ‘avoir’ ordre des mots présente une configura:on avec S qui précède O des temps parfaits construits avec ‘avoir’ U:lisa:on d’un pronom rela:f dans les proposi:ons rela:ves Présence d’un par:cipe passé 78