Les représentations géographiques des réseaux savants

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July 20, 2019

Les représentations géographiques des réseaux savants

Cette présentation a été réalisée lors de la journée d'étude du programme de recherche ANR Colemon qui s'est tenue à Paris le 20 juin 2019.
Elle revient sur les résultat d'un travail de recherche interdisciplinaire entre géographie, cartographie et histoire. Elle insiste sur l'intérêt de combiner deux modes de visualisations complémentaires pour représenter les mondes savants : la carte et le graphe.

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MarionMai

July 20, 2019
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  1. 1.

    LES REPRÉSENTATIONS GÉOGRAPHIQUES DES RÉSEAUX SAVANTS Marion Maisonobe, UMR Géographie-cités

    marion.maisonobe@cnrs.fr / @geomaisonobe Cette recherche a bénéficié du support de l’Opération Mondes Scientifiques du LABEX Structuration des Mondes Sociaux – Toulouse Les principaux résultats présentés sont issus d’une collaboration avec Laurent Jégou, Antony Andurand et René Sigrist. Journée d’étude COLEMON – 20 Juin 2019
  2. 2.

    HYPOTHÈSES • L’activité scientifique produit à chaque époque d’abondantes traces

    documentaires. • Leur exploitation permet de reconstituer autant de mondes savants, dans la pluralité de leur organisation et de leur fonctionnement. • Le croisement de l’approche spatiale et de l’analyse de réseaux permet d’appréhender ces différentes configurations et leurs variations. Introduction
  3. 3.

    LES MONDES SAVANTS ET LEUR VISUALISATION, DE L’ANTIQUITÉ À AUJOURD’HUI

    • Article écrit en collaboration avec Antony Andurand, René Sigrist et Laurent Jégou, paru dans la revue Histoire et Informatique en 2015 • L’évolution des traces disponibles et exploitables mais l’alliance entre la carte et le graphe fonctionne pour chaque période • Les Propos de tables de Plutarque • Les chimistes de 1810-1860 • La production scientifique recensée dans le Web of Science Introduction
  4. 4.

    OBJECTIFS • Un dialogue interdisciplinaire : sociologie, géographie et analyse

    de réseaux, analyse spatiale et cartographie, histoire ancienne et histoire moderne • La confrontation de périodes et des types de sources • Une réflexion sur la notion de « mondes savants » qui s’inscrit dans les questionnements actuels : analyse de réseaux, digital humanities, science mapping. Introduction
  5. 6.

    LE MONDE PLUTARQUÉEN DES BANQUETS SAVANTS • Corpus : les

    Propos de table de Plutarque (début du IIe siècle ap. J.-C.) • Récits de banquets savants évoquant le « petit monde » de Plutarque • 89 personnages, 56 banquets (en Grèce ou à Rome) • Méthode 1. localiser les banquets et les personnages 2. construire un réseau de fréquentation (liens banquets / participants) • Analyser les cercles de sociabilité mis en scène dans les Propos de table, leur organisation et leur intégration dans les structures de l’Empire romain
  6. 7.

    La localisation des personnages, des banquets, Et les liens de

    coprésence aux banquets décrits par Plutarque
  7. 10.

    LES COMMUNAUTÉS DE CHIMISTES DE LA PÉRIODE 1810-1860 • Corpus

    : registres d’académies savantes et indices biographiques : 443 chimistes académiciens (1800-1890) + 1106 chimistes recensés dans le Catalogue de Gascoigne et ayant publié au moins un ouvrage ou une série d’articles = 1356 chimistes • Méthodologie: cohorte 1810-1860 - deux variables composites: 1. l’importance des savants (Savants A (subdivisions) et B : en fonction du nombre d’affiliation et du jugement de la postérité) 2. leur intensité relationnelle : Co-publications (nb), assistanat (durée), nombre durée ou importance de la collaboration. • Objectif: carte de l’importance des savants et réseau des relations orienté chronologiquement (plan vertical) et géographiquement (plan horizontal)
  8. 14.

    LA SCIENCE VISIBLE DANS LE WEB OF SCIENCE EN 2006-2008

    • Corpus : Web of Science, 10 000 revues scientifiques, 194 pays publiants, 10 730 agglomérations scientifiques. Biais en faveur de la production biomédicale et de la recherche anglophone • Méthodologie : Comptages fractionnés du nombre de publications et des liens de co-publications • Objectifs : Carte et réseau du « monde scientifique » en 2007*: Carte de production: 200 agglomérations dans 42 pays différents = 2/3 des publications en 2007* (sur un total de 1,5 millions) Réseau de co-publications: liens d’une valeur supérieure à 200.
  9. 15.

    Composante principale du réseau mondial des collaborations scientifiques entre villes

    en 2007 Localisation des villes de la composante principale et intensité de production
  10. 16.

    INTÉRÊTS ET ENJEUX DE LA VISUALISATION • En amont, avant

    le traitement de l’information, il existe des possibilités de data-visualization: au service de l’exploration/compréhension d’un corpus • En aval, face à un manque ou à un trop-plein de données, le mapping ou représentation graphique = l’occasion de simplifier et de composer l’information pour la rendre lisible
  11. 17.

    Élaboration d’une méthode pour étudier la science à l’échelle mondiale

    et au niveau urbain Repérer les lieux d’activités scientifiques Construire des périmètres d’agglomérations urbaines Washington - Baltimore Source : en 2013 plus de 8500 revues et près d’un 1,5 millions de publications (SCI Expanded). Géolocalisation de près de 98% de l’ensemble des publications de la base à plusieurs dates (1999-2014). En tout, plus de 19 millions de publications ont été géocodées (SCI Exp, SSCI, AHCI)
  12. 18.

    INTÉRÊTS ET ENJEUX DE LA VISUALISATION • En amont, avant

    le traitement de l’information, il existe des possibilités de data-visualization: au service de l’exploration/compréhension d’un corpus • En aval, face à un manque ou à un trop-plein de données, le mapping ou représentation graphique = l’occasion de simplifier et de composer l’information pour la rendre lisible
  13. 19.

    Où a été faite la science entre 2000 et 2013

    ? Source : Web of Science (articles, recensions et lettres) Crédit: L. Jégou et M. Maisonobe
  14. 20.

    Évolution de la production scientifique entre 2000 et 2013. Source

    : Web of Science (articles, recensions et lettres) Conception et réalisation: Laurent Jégou Crédit: L. Jégou et M. Maisonobe
  15. 21.

    INTÉRÊTS ET ENJEUX DE LA VISUALISATION • L’image: à la

    fois outil, résultat de la recherche et support de communication • Mais l’image doit s’accompagner de clés de lecture pour être bien interprétée • Choisir entre la carte ou le réseau ? • Des approches complémentaires (différentes métriques) • Des enjeux sémiologiques partagés et spécifiques (la représentation apporte du sens)
  16. 22.
  17. 23.
  18. 24.
  19. 27.

    TRAVAIL EN COURS • Développement d’une nouvelle plateforme d’exploration de

    ces données en couplant les fonctions de deux bibliothèques JavaScript (Vis.Js + D3). Les fonctions de Vis.Js déjà accessibles via le package R «VisNetwork ». • Application de cette méthodologie aux données de collaborations et de citations scientifiques • Projet de package R  permettant d’intégrer ces deux types de sorties graphiques interactives dans un « flexdashboard »
  20. 30.
  21. 35.

    UN CONCEPT FÉCOND • L’activité scientifique porte la trace des

    liens, des échanges, des collaborations sur lesquels elle s’appuie. • Ces relations ou interactions permettent de reconstituer, pour chaque époque ou domaine de la connaissance, autant de mondes scientifiques. • Ces mondes, pluriels, n’existent pas en dehors des acteurs qui les façonnent et de leur expérience : ils ne dessinent pas des « structures » extérieures et surplombantes dans lesquelles viendrait se déployer une activité scientifique. • Il n’y a pas, pour l’activité scientifique, d’espace universel, de repère spatial absolu : l’activité scientifique dessine à chaque fois une géographie, configure un monde, autant qu’elle en est le produit. Bilan
  22. 36.

    DES OUTILS D’EXPLORATION ET D’ANALYSE • Les outils de visualisation

    et d'exploration interactive permettent d'offrir au chercheur des moyens plus complets pour la compréhension des différentes dimensions de ces mondes. • La dimension spatiale : extension, diffusion, échelles imbriquées... • La dimension d’organisation résiliaire : hiérarchies, réseaux, centralités... • La dimension temporelle : évolution, construction, diffusion... • La représentation graphique de ces mondes nécessite une véritable expertise, notamment pour la diffusion de résultats. La sensible complexité des données doit être simplifiée de manière cohérente et de façon adaptée au public visé. Bilan
  23. 37.

    DES PISTES POUR POURSUIVRE LE TRAVAIL • Dans un contexte

    de mondialisation de la science et de réflexion à l’échelle globale, les approches locales et régionales gardent tout leur sens. • L’accès plus aisé à des jeux de données structurés et à des moyens d’analyse plus performant permet aujourd’hui de mieux aborder l’analyse de ces mondes scientifiques locaux ou régionaux  outil mis à disposition des chercheurs NETSCITY • Notre travaille invite à envisager la manière dont ces échelles s’articulent et s’emboîtent, à explorer les territoires, les régions ou les frontières que dessine la géographie de ces mondes savants. Bilan
  24. 39.

    Maisonobe et Jégou, Colloque du CIST 2018 Une plateforme interactive

    de visualisation des flux mondiaux Le site internet GéoScimo en anglais et français GEOgraphie de la production SCIentifique MOndiale
  25. 40.

    FRACTIONNEMENT DES LIENS Méthode sélectionnée: la somme des liens est

    égale au nombre total de co-publications considérées O.3 1.3 1.3+0.3+0.3+2+1+1 = 6 O.3 Source : https ://toreopsahl.com/tnet/two-mode-networks/ Package tnet. Méthode de projection dite « Newman » (2001)
  26. 41.
  27. 42.